vendredi 11 juin 2010
(2) Une famille typique (Sarko)
Suite de "histoires romanesques" (lien)

*On constate fréquemment dans les
choix amoureux et professionnels des membres d'une famille des
similitudes et des renvois surprenants (répercutés sur plusieurs
générations) y compris chez des gens qui n'ont jamais entendu parler les
uns des autres : par exemple, un "out sider" issu d'une famille
d'artistes -dont un membre est un sculpteur connu- qui l'a quittée pour devenir entrepreneur ou banquier-
épousera la sœur, elle-même musicienne, d'une diva.. Et sa petite fille -donc la petite nièce du sculpteur-.. qui a
été coupée de cette lignée par son clan maternel au point de ne presque rien savoir d'eux deviendra à son tour
prof... puis sculpteur et musicienne... ! mais elle épousera un homme
venant d'une famille de... banquiers ! qu'il a lui-même quittée avec
fracas etc... -Ce cas est le mien.- Tout se passe comme si, programmés,
les descendants tentaient sans le savoir de renouer les liens rompus de leurs ancêtres
et de "concilier" des inconciliables du passé, puisant dans ces sources,
révélées par leur choix amoureux ou professionnels.. Ils épousent non
seulement une personne, mais à travers celle-ci toute sa lignée
emboîtée proche ou complémentaire de la leur, consolidant mutuellement un
mur dont quelques pierres seraient tombées. De même Sarko cachant -ou
ignorant- sa romité (comme tout parvenu, il insiste sur une noblesse
tardive etc..) aurait tout de même épousé une femme à demi rrom qui elle
n'en fait pas mystère. Cf "Secret de famille" (Hélène Larrivé) Frison-Roche éditeur
PS Dans les cas d'une appartenance à un groupe racisé, il arrive que la honte génère l'oubli et même des positions radicales xénophobes chez ceux qui l'on vécue -ou dont les ancêtres l'ont subie-, c'est le syndrome de "j'ai passé le gué, je coupe l'échelle" (lien), parfois cocasse (lien.)
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L'exemple d'une famille, entre autres
Allain Jules révèle aujourd'hui l'existence
d'un cousin de Sarko autrichien, Rudolf Sarközi, rom et militant des
droits de l'homme... choqué par l'attitude de Nic. Romantique si c'est
bien le cas! Rudolf précise que le patronyme "Sarközy" -le "y" provient
d'un anoblissement- est si banal en Autriche chez les roms que certains
veulent en changer (!) Voici les deux Sarkozy, enlevons quelques kilos
et quelques années à Rudolf, une moustache à Nic... et le résultat est
là.

Une
famille, je le découvre a posteriori, véritable illustration romanesque
des hypothèses de ce blog -voir lien- : juive sépharade par les
Mallah avec prééminence de la mère ou plus exactement de la lignée
maternelle, en le cas du grand-père maternel.. [Rom côté Sarko ?
L'ordonnance qui anoblit l'ancêtre paysan Milhaï précise "ainsi que
tous ses rroms", ce qui peut signifier que celui-ci était leur chef
-tout comme l'édit de protection du roi de Bohême Sigismond octroyé à la
demande de "Ladislas" qui s'applique à tous ses "gens", c'est à dire
les roms-...]
... et de surcroît assez semblable par bien des côtés à celle de Cécilia "Ciganer" -ce
qui veut dire "tzigane"- d'ascendance elle aussi rom et juive par son
père Aaron, né en Moldavie, qui prit la route à l'adolescence et épousa
tardivement la fille d'un diplomate espagnol, également petite-fille du
compositeur Isaac Albeniz. Musique, Balkans, voyage, rroms et juifs, décidément, nous sommes bien dans le tableau*. C'est
presque trop beau de le voir ainsi servi sur un plateau un mois après
que je l'eusse hypothésé... Un cas particulier certes mais intéressant.
Serions-nous tous plus ou moins roms? et la
romité chez certains serait-elle enfouie? Romité ou judaïté, les liens,
comme avec les kurdes -en fait, avec tous les peuples contraints de
prendre la route- les conversions et l'"oubli", un sujet de roman plus
que de thèse, qui corrobore une intuition.
[Note. Dans les Balkans, terre de conquêtes et reconquêtes successives, comme chez les roms, il est fréquent
dans une même famille, de voir trois ou même quatre religions
différentes : catholique, romaine et orthodoxe, juive et musulmane.
Exemple : sur la liste des morts du camp d'extermination de Jasenovac en Croatie, on trouve parmi les "Brahic" -mon nom par ma mère- mention de ces trois religions.]
![]() |
Isaac Albeniz |
PS Dans les cas d'une appartenance à un groupe racisé, il arrive que la honte génère l'oubli et même des positions radicales xénophobes chez ceux qui l'on vécue -ou dont les ancêtres l'ont subie-, c'est le syndrome de "j'ai passé le gué, je coupe l'échelle" (lien), parfois cocasse (lien.)
mercredi 9 juin 2010
(2) Une histoire politiquement incorrecte
Et une histoire politiquement incorrecte, pénible -un peu-
La
voici. Ma maison maternelle est située dans un village du Midi, à flanc
d'une montagne caillouteuse qui génère un micro climat, au centre d'un
terrain comprenant un bassin d'arrosage profond, un puits et une source
-qui ne donne que lorsqu'on n'en a pas besoin.- Milieu syndicaliste
humaniste, paysans-ouvriers, puis émigrés en ville -Marseille, Paris-
devenus la génération d'après enseignants...
anti racisme militant, engagement contre le colonialisme etc... Un fait
révélateur : la "chef", Marguerite ma grand-mère, qui avait vécu quatre ans en Algérie parlait, disait-elle, l'"arabe", en fait c'était du kabyle qu'elle m'avait un peu enseigné. Surplombant la propriété, le tronçon d'un chemin étroit dessert un village [c'est un vestige de l'ancienne route doublée par une plus récente au dessus qu'il rejoint cent mètres après.] Un bras "mort" donc -et un raccourci-. Ne l'empruntaient que les piétons, nombreux alors avec
lesquels nous aimions aller deviser: Marguerite avait installé en bas
table et chaises -la montée est rude et le soleil cogne-.. Ayant été
restauratrice, elle se plaisait à "recevoir", à bavarder, fût-ce cinq
minutes.

Nous gênaient-ils ? Bien au contraire! ils mettaient de la couleur dans un quartier isolé sans enfants. Mais ils laissaient forcément du matériel sur le chemin, empêchaient -de fait- les piétons de passer... et jetaient parfois des objets dans le terrain, les gamins allégeant sans doute ainsi la corvée-poubelle, aléas normaux des familles nombreuses. Cela dura ainsi quelques années sans problèmes... Et puis il y eut ce jour où ma mère venue aux vacances protesta: des gosses jouaient près du bassin. Pour la première fois, elle leur demanda de partir. Pas de disputes, jamais : "Bientôt. On cherche une petite maison..." Ils n'ont jamais rien volé et si des incrédules insistaient, Marguerite s'indignait : "Ils ne m'ont jamais rien pris, ni une poule, rien." Une précision : nous ne fermions jamais la porte à clef, même la nuit, comme tous et leur chants le soir, sur cette terre isolée -pour la citadine que j'étais- me rassuraient et m'enchantaient. -Nous n'avions pas la télé-. C'était autre chose que les sinistres parties d'échec où il ne fallait pas prononcer un mot.

Que
se passa-t-il en ce jour de septembre? Rien ne fut dit -un peu de gêne
sûrement de la part de ma mère et de mon oncle venu en traînant les
pieds- mais pour la première fois, il y eut des cris -de la part de
Lydie et de Guy-, une intervention de la mairie (?) et ils partirent en
effet, au "Dumas", tout près. Je les vis déménager -rapides, organisés, nullement agressifs-
avec un mélange de tristesse poignante et de soulagement -Lydie était rassurée- et on n'en parla plus jamais. Ma
mère et mon oncle enlevèrent ce qui restait sans protester -le départ
avait été précipité- et le chemin fut "libéré". Nous conservâmes pourtant de
bonnes relations : Mme Maure qui avait en effet acquis un petit mazet plus haut qu'ils restauraient
s'arrêtait toujours pour bavarder avec Marguerite avec les mêmes
plaisanteries, moi, d'être un
homard, elle, de ne pouvoir s'éclaircir malgré ses onguents*.
La
plus jeune de ses filles, Magali, née des années après -un miracle
disait-elle, ravie malgré son âge et les sept autres déjà élevés!- fut
ensuite -et l'est toujours- la meilleure amie dans le village de la
mienne... et lors de mon "affaire" (lien),
me fut d'un grand secours; une jeune femme courageuse (lien) engagée dans le
combat anti raciste et anti magouilles, ce qui ne va pas de soi et qu'elle paie parfois très cher. Et, facétie de la génétique courante chez un peuple mélangé à
tant d'autres, elle est aussi claire de peau que sa mère le rêvait.
"Totalement indétectable -disait-elle- ça sera plus facile pour elle que
pour moi de se faire oublier."

Non, ce n'est pas Magali -bien qu'elle lui ressemble- mais Denise (lien) une petite fille disparue depuis 4 ans en Italie... disparition dont on a bien sûr accusé "les roms", ce qui indigne ses parents qui démentent fortement. Quand on n'a pas de coupable, il y a les "roms", c'est facile... toujours le mythe, comme pour les juifs... un mythe qui semble bien parfois être de transfert.
* Madame Maure était unanimement appréciée dans le village quoiqu'avec
parfois un brin de condescendance qu'elle acceptait philosophiquement,
ainsi que son mari, devenu ensuite employé municipal, toujours prêt à
rendre service -bénévolement-.. appréciée y compris par des gens
ouvertement anti roms dont elle parvenait à désamorcer l'agressivité
-souvent des immigrés espagnols presqu'aussi pauvres qu'elle !- De fait,
lui se faisait souvent exploiter, ne protestant pas lorsqu'on lui
attribuait les tâches pénibles et dangereuses que les autres refusaient,
et les seules fois où elle se mit en colère -mais alors elle ne faisait
pas semblant!- ce fut pour le défendre. Mais du coup, elle et les siens
étaient parfois mis à l'écart par les autres rroms du village -pas de
la même tribu-, une "oncle" Tom. Et le drame fut que Magali, ensuite,
lorsqu'elle fut dans une gène financière impensable (lien), ne put compter, ou très peu, sur la solidarité des "siens".
Pourquoi cette attitude de Lydie envers une quasi-parfaite, excellente
ménagère, ses enfants ne ratant jamais l'école -elle les conduisait par
tout temps, et à pied, 1 km- ne réclamant jamais, toujours prête à
aider, le sourire aux lèvres ? Peut-être justement parce qu'elle l'était
! Un peu de jalousie vis à vis de sa mère dont il lui déplaisait
qu'elle ait détourné une affection qui ne revenait qu'à elle seule -mais
éloignée- pour une "étrangère" -au sens de "hors famille"-, elle, toute
proche ? Il est possible aussi que ma fascination vis à vis d'elle -pas
très éloignée de son âge- ait joué un rôle : Lydie, ni Marguerite,
engagées anti racisme, ne connaissaient la peur, surtout la peur absurde
vis à vis de l'autre "différent", mais pour ce qui est de ma mère, la
jalousie affective, si ! Cette parfaite lui "prenait" sa mère et était
en passe d'avaler sa fille avec -pour les vacances-. Ça, jamais ! Une
histoire politiquement incorrecte donc où certes aucun mot raciste ne
fut prononcé, où jamais les -faibles- nuisances occasionnées par les
Maure ne furent jamais attribuées à leur origine ethnique et extrapolées
à tous les "leurs", mais qui se termina tout de même par leur expulsion
et la contrainte pour eux -provisoire- d'aller vivre où ils n'étaient
pas persona grata.. justement à cause de leur trop grande intégration
vis à vis des "gadjés"! Telle est la dramatique situation des exclus, trop ou trop peu, toujours. Entre deux chaises, voire trois. Une génération après, Magali -et ses enfants- le payent encore. Durement. Cf l'article (lien) : une dénonciation calomnieuse à la CAF pour lui faire retirer ses prestations.
mardi 8 juin 2010
(2) Les scythes, ancêtres des roms ?

Les scythes, en fait quelques tribus seulement, [dont proviennent directement les ossètes
actuels qui préfèrent le terme d'''alains'', et parlent une langue
iranienne cousine du pachtoune et du pamiri -langues pakistanaises et
afghanes- (les deux peuples sont sans doute issus d'une même souche
scythe)]... les scythes donc, décrits par les grecs comme blonds
aux yeux bleus... cavaliers, militaires et métallurgistes habiles,
travaillant l'or et inventeurs de sagaies particulières à fort pouvoir de pénétration.. [ils les appellent xytos,
de sagaie ? Qui aurait donné tzigane?]... poussés [et reliés
ethniquement?] par les huns (asiates) arrivent au 3ème siècle avant
notre ère au Rajasthan [se mêlent-ils aux adivasis et/ou aux populations
autochtones noires? sans doute car leurs cousins patchtounes sont
foncés aux yeux souvent clairs].

Il y aurait donc selon cette hypothèse plusieurs origines différentes des roms: les migrants du 3ème siècle seraient des scythes ["hunisés"], ceux du 9ème et du 13ème ensuite, des ksattryas indiens ou indianisés... ce qui peut expliquer leur diversité physique. J'ajoute que selon Girard de Rialle, la langue scythe serait à l'origine aryaque (arienne) et non turque et comprendrait des mots proches du sanskrit, par exemple ''ks'ayas, dominant et kulaks'aya, chef de clan, guerrier, que l'on peut rapprocher justement de ksattrya, la caste noble Rajasthani. Mais cela peut aussi être un emprunt aux grecs avec et contre lesquels ils avaient combattu.
lundi 7 juin 2010
(2) Les scythes, résumé et points communs avec les roms
Une tribu scythe, ancêtre des roms ?

Entre les traditions artistiques de l'Asie centrale et celles de la Grèce, la superbe facture de leurs créations témoigne de l'influence majeure de l'art grec.
Ils
maîtrisaient l'art du domptage, vivant à cheval -qui avait pour eux une
signification magique et auquel ils vouaient un culte-, suivant leurs
troupeaux et tirant les chariots qui transportaient leur famille et
leurs biens... et leur bravoure, leur sens de la camaraderie, leur amour de l'alcool et du cannabis (!) -ils
buvaient jusqu'à l'ivresse totale- leurs coutumes insolites et leurs
comportements rituels étaient jugés honteux par les grecs dont les
terres voisinaient. Au IIIe siècle av. J.-C., Hérodote, contemporain des
Scythes écrit : ''ils jetaient des graines de chanvre sur les pierres brûlantes qui dégageaient immédiatement une fumée qui les ravissait
et déclenchait en eux un tonnerre de hurlements''...''Se comporter en
scythe'' selon un dicton grec signifiait boire jusqu'à l'ivresse et mal
se conduire !
Ces guerriers aux inventions <----- remarquables, également commerçants, de tradition orale qui transportaient partout avec eux leurs trésors étaient divisés en trois tribus royales : ceux vivant sur les côtes de la mer Noire -Crimée- grands protecteurs des arts ; les agriculteurs installés parmi la population locale dans les bassins du Dniepr, du Dniestr et du Don, en Ukraine, pratiquant culture et élevage et contrôlant le commerce du grain avec la Grèce (ils s'initièrent lorsqu'ils asservirent les tribus locales, probablement proto-slaves, cultivant ces terres depuis des millénaires); et les nomades derniers arrivés dans la région, ne se montrant pas toujours très amicaux envers ceux déjà établis. Malgré leurs prouesses, la force, l'habileté et la férocité pour lesquelles ils étaient réputés, au 3ème siècle av. J.-C, ils furent progressivement chassés de la région par les Sarmates et des barbares germaniques vandales -mais des tribus s'y associèrent- qui prirent le contrôle des steppes.
Ces guerriers aux inventions <----- remarquables, également commerçants, de tradition orale qui transportaient partout avec eux leurs trésors étaient divisés en trois tribus royales : ceux vivant sur les côtes de la mer Noire -Crimée- grands protecteurs des arts ; les agriculteurs installés parmi la population locale dans les bassins du Dniepr, du Dniestr et du Don, en Ukraine, pratiquant culture et élevage et contrôlant le commerce du grain avec la Grèce (ils s'initièrent lorsqu'ils asservirent les tribus locales, probablement proto-slaves, cultivant ces terres depuis des millénaires); et les nomades derniers arrivés dans la région, ne se montrant pas toujours très amicaux envers ceux déjà établis. Malgré leurs prouesses, la force, l'habileté et la férocité pour lesquelles ils étaient réputés, au 3ème siècle av. J.-C, ils furent progressivement chassés de la région par les Sarmates et des barbares germaniques vandales -mais des tribus s'y associèrent- qui prirent le contrôle des steppes.
Et c'est là que ça devient intéressant :
une partie part s'établir en Hongrie ; une autre, en Andalousie
(vandalousie) avec les germains -qui les avaient battus (!)- ; une se replie dans le Caucase et devient ou demeure agricole -les ossètes- ; et la
quatrième rejoint l'Inde -les rajputs- peut-être également avec les
huns, qui ne sont tous des asiates contrairement au cliché. On observe
ici que parmi ce peuple doué d'un syncrétisme rare, des tribus,
recrutées sans doute en raison de leurs qualités guerrières,
s'allièrent parfois à ceux qui les avaient combattus voire vaincus pour
se lier ensuite totalement aux peuples-hôtes ennemis de la veille.
Il est probable cependant que cela ne "fonctionna" pas ainsi ensuite
avec les conquêtes musulmanes au 10°siècle -en Inde- de Mahmoud de
Gazni, ce qui, après la défaite de Peshawar, aurait entraîné l'exil de certains d'entre eux
sur les routes, si l'hypothèse des roms issus des scythes rajasthanis
est juste. Mais cela explique la diversité physique d'un peuple qui se
dit pourtant de souche commune. Cela peut aussi expliquer le mépris
raciste dont ceux qui sont restés -100 millions d'après Bergier voir
référence en fin de blog- font l'objet en Inde.
____________________________________
PLUS EN DETAIL
PLUS EN DETAIL

Tout d'abord, ce que nous savons des tribus d'Eurasie provient surtout des grecs; Hérodote parle d'un peuple nomade qu’il appelle scythes* qui aurait migré vers le sud de la Russie après avoir vaincu les Cimmériens** [les ancêtres des celtes?] établis au 3ème
millénaire avant JC en Ukraine, au nord du Caucase et de la mer Noire,
en Roumanie et en Hongrie, peut-être créateurs de la civilisation des
Kourganes [-1200 - 900].. disparaissant de l'histoire vers -600...

Les Amazones des légendes grecques, ces femmes qui prennent part à la guerre et dont l’existence est aujourd’hui appuyée par des découvertes archéologiques et génétiques font partie de ces tribus sarmates (scythes?) Ceux de l’Est appelés Alains se disperseront jusqu’en Europe de l’Ouest et l'Afrique du Nord, joints aux vandales germains durant leur migration.
Mais
quelques unes des tribus dites ''saka (scythes)'' de l’Asie centrale se
déplacèrent plus tard vers le Sud et envahirent le plateau iranien et
le Nord de l’Inde.
Victoires des scythes
Mais en 407, ils envahissent la Gaule
romaine, traversent la Loire et obtiennent l’Armorique ... Puis,
redevenus mercenaires au service de l’empire, ils répriment la dernière
révolte armoricaine en 445-448, à une époque où les ''alains'' bretons
commencent à arriver de Grande-Bretagne. Certains s’établiront juste de
l’autre côté de la Manche. Ils s'installent surtout en Île-de-France, en
Aquitaine, en Lusitanie et autour de Carthagène en Vandalousie qui deviendra Andalousie****.
*Selon Hérodote (IV, 11-12), la terre des Scythes était située de l'autre côté de la Volga. Ils délogèrent les Cimmériens (Crimée, du nord de la mer Noire, peut-être ancêtres des celtes) les forçant à fuir vers l'Anatolie et l'Europe centrale. Les ayant poursuivis, ils atteignirent l'Assyrie, où ils s'allièrent à Assurbanipal contre les Mèdes les ancêtres des perses (-669/-626). Changeant d'alliance, ils contribuèrent à la chute des Assyriens, puis ils pillèrent la Mésopotamie et la Palestine
(28 ans)... retournèrent ensuite chez eux, mais durent affronter selon
Hérodote les enfants de leurs femmes et d'esclaves avec lesquels elles
avaient couché!
**Les
Cimmériens, peuple de l'Antiquité mentionné par Homère dans l'Odyssée
comme les habitants ''des confins de la terre, le rivage à l'Ouest où
Hélios ne luit pas et dans la Genèse comme le
premier fils de Japhet, Gomer (Cimmérien) dont les descendants sont
Askenas, Riphath (Oural) et Thogarma semblent venir de l'Oural. Ils paraissent dans les textes assyriens du VIIe
siècle comme leurs adversaires, sous le nom de Gimerri ou Kimri.
Hérodote écrit que, poussés par les Scythes, ils envahirent l'Asie et
que c'est le roi Alyattès (605-556) qui débarrassa définitivement l'Asie
de ces hordes, dans lesquelles les Assyriens incluaient tous les peuples d'Asie centrale. L'appellation générale de ces populations était chez les Grecs, Scythes, chez les Perses, Saces et chez les Assyriens, Gimirri. Avant d'être chassés d'Asie, les cimmériens auraient habité la Tauride (Crimée). Sont-ils des cimbres
(Kymris) c'est à dire des celtes ? Il se peut que Cimmériens et Kymiris
soient des celtes dont une branche se serait établie dans l'extrême
Occident, ce qui expliquerait la légende d'Homère qui aurait bien
désigné les habitants de l'extrême Europe alors enveloppés d'une
obscurité profonde. Peut-être même ce nom de Cimmériens doit-il être
appliqué aux aborigènes des pays d'Europe occidentale? (J. Oppert).
*** Commandés à la fin du II ème siècle par Lucius Artorius Castus, le roi Arthur historique ? du moins le premier, ils apportent d’Asie le symbole du dragon -relié à leurs cuirasses écaillées- du roi Arthur "Pendragon" -comme Utter- que l'on retrouve sur le drapeau du Pays de Galles. D’après Léon Fleuriot, c’est Artorius Castus qui aurait aussi maté en Gaule la révolte armoricaine de 184 - relaté par Geoffroy de Monmouth-. (Devenus insulaires, ils combattirent ensuite au 5 et 6 ème siècle les Pictes et les Saxons)
****Les Ossètes, descendants directs des Alains, sont ce qui reste de ce peuple qui a disparu à la suite des invasions germaniques, hunniques et finalement slaves. (Ils ont des récits ressemblant aux aventures d’Arthur et des chevaliers de la Table ronde, une épée magique, équivalent d’Excalibur, une coupe sacrée, le Graal...)
dimanche 6 juin 2010
(2) Désopilant. Roms et délinquance, le point de vue d'un avocat (in extenso)
Un excellent article de Me Eolas envoyé par Nelly Uzan (catégorie Actualité du droit.) Roms, uniques objets de mon ressentiment… (Acte I)
Le Gouvernement a donc décidé, pour des
motifs d’opportunité politique assez évidents de mettre en œuvre une
politique d’expulsion, au sens premier du terme : "pousser dehors" à
l'encontre des Roms étrangers vivant en France.
Roms ne veut pas dire roumain et ni "gens du voyage" !!
Avant d’aller plus loin, qu’est-ce qu’un Rom ? Rom vient du mot Rrom, en langue romani (l’orthographe a été amputée d’une lettre), qui signifie "homme" au sens d’être humain (féminin : Roma ; pluriel : Romané).
Il s’agit d’un peuple parti, semble-t-il (la transmission de la culture
étant orale chez les Roms, il n’existe pas de source historique fiable,
mais tant la langue romani parlée par les Roms que la génétique confirme l’origine géographique indienne)
du Nord de l’Inde (Région du Sindh, dans l’actuel Pakistan, et du
Penjab pakistanais et indien) aux alentours de l’an 1000 après
Jésus-Christ sans doute pour fuir la société brahmanique de l’Inde qui
les rejetait comme intouchables (c’est donc une vieille tradition pour
eux que d’être regardés de travers par leur voisin).
Ils sont arrivés en Europe via la
Turquie au XIVe siècle, suivant les invasions des Tatars et de Tamerlan,
et s’installèrent dans l’Empire byzantin (qui les appelle Ατσίγγανος , Atsinganos,
"non touchés", du nom d’une secte pré-islamique disparue, dont les
zélotes refusaient le contact physique ; quand les Roms arrivèrent, les
byzantins, qu’on a connu plus rigoureux dans leur réflexion, les prirent
pour des membres de cette secte), ce qui donnera tsigane, Zigeuner en allemand et Zingaro en italien. Ceci explique que leur foyer historique se situe dans
les actuelles Turquie, Roumanie, Bulgarie, pays qui restent les trois
principales populations de Roms, et dans les Balkans (ex-Yougoslavie).
Outre des professions liées au spectacle ambulant, les Roms se sont spécialisés comme ferronniers et chaudronniers, Γύφτοs, Gyftos, ce qui donnera Gypsies en anglais, Gitano
en espagnol, et Gitan et Égyptien en Français (dans Notre Dame de
Paris, la Recluse appelle Esmeralda "Égyptienne" ; et Scapin appelle
Zerbinette "crue d’Égypte").
Le roi
de Bohême (actuelle république Tchèque) leur accordera au XVe siècle un
passeport facilitant leur circulation en Europe, d’où leur nom de
Bohémiens. De même, le Pape leur accordera sa protection (Benoît XVI est
donc une fois de plus un grand conservateur.) Leur arrivée en France
est attestée à Paris en 1427 par le Journal d’un Bourgeois de Paris (qui
leur fit très bon accueil) — C’est d’ailleurs à cette époque que se
situe l’action du roman de Hugo Notre Dame de Paris.
Pour en finir avec les différents noms qu’on leur donne, Romanichel vient du romani Romani Çel,
"groupe d’hommes", Manouche semble venir du sanskrit manusha, "homme",
soit le mot Rrom en romani, et Sinti semble venir du mot Sind, la
rivière qui a donné son nom à la province du Sindh dont sont originaires
les Roms. Sinti et Manouche désignent la même population rom établie
dans les pays germanophones et presque intégralement exterminés lors de
la Seconde guerre mondiale. C’est pourquoi le mot Tsigane, évoquant
l’allemand Zigeuner, d’où le Z tatoué sur les prisonniers roms, est considéré comme blessant aujourd’hui .
Il
convient ici de rappeler que les Roms ont été, aux côtés des Juifs, les
cibles prioritaires de la politique d’extermination nazie. Le nombre de victimes du génocide, que les Roms appellent Samudaripen (meurtre collectif total), se situe aux alentours de 500 000, avec pour les Sinti allemands entre 90 et 95% de morts.
Ces mots peuvent être utilisés
indifféremment pour désigner les Roms, encore que les siècles
d’installation dans des pays différents ont fait apparaître des
différences culturelles profondes. Même la langue romani n’est plus un
dénominateur commun, puisque les Roms d’Espagne et du sud de la France,
les Gitans, parlent le kalo, un sabir mâtiné d’espagnol, depuis qu’une loi espagnole punissait de la mutilation de la langue le fait de parler romani (les espagnols ont un atavisme profond avec les langues, mais c’est un autre sujet).
En 1971 s’est tenu à Londres le Congrès
de l’Union Rom Internationale (IRU) qui a adopté le terme de "Rom" pour
désigner toutes les populations du peuple rom, d’où l’usage de ce terme
dans ce billet (ce que les gitans refusent, eux se disent kalé).
Le mot rom ne vient donc absolument pas de Roumanie, ni de Rome, bien
que ce peuple se soit installé en Roumanie et auparavant dans l’Empire
romain d’Orient. Je ne puis conclure ce paragraphe sans
vous inviter à lire les commentaires de cet article, où je ne doute pas
que des lecteurs plus érudits que moi apporteront de précieuses
précisions ou, le cas échéant, rectifications.
Tous les chemins mènent aux Roms
Les Gens du voyage sont-ils des Roms ? Non. Le nomadisme n’est pas une tradition chez les Roms, mais une nécessité historique. Aujourd’hui, entre 2 et 4% des Roms sont du voyage, c’est-à-dire ont fait le choix d’une vie nomade. Et beaucoup de gens du voyage ne sont pas roms, comme les Yéniches, que l’on prend souvent pour des Roms. Les forains sont aussi nomades, mais du fait de leur profession, et pour la plupart ne sont pas Roms. Et si demain, il vous prenait la fantaisie de vivre une vie nomade, vous deviendriez aussitôt Gens du Voyage, sans pour autant devenir Rom (sauf aux yeux des lecteurs du Figaro).
Un abus de langage est apparu du fait que la Constitution française interdit toute distinction sur une base ethnique. Le terme de Gens du Voyage, neutre de ce point de vue, est souvent employé aux lieu et place du mot Rom. Or ce ne sont pas des synonymes.
Ce qui d’emblée montre que le problème
des occupations illégales de terrains, publics ou privés, par des Roms
ne vient pas uniquement du fait que la loi Besson (pas Éric, non, celui
qui est resté de gauche, Louis)
du 5 juillet 2000, qui oblige les communes de plus de 5000 habitants à
prévoir des aires d’accueil, est allègrement ignorée par la majorité des
maires. Quand un Rom viole la loi, c’est mal. Quand l’État viole la loi, c’est la France. Laissez tomber, c’est de l’identité nationale, vous ne pouvez pas comprendre.
La majorité des Roms en France sont français, et leur famille l’est même depuis plusieurs siècles. Les Roms ont de tout temps adopté le style de vie des pays où ils se sont installés, jusqu’à la religion (ils sont catholiques en France, protestants en Allemagne, musulmans en Turquie et dans les Balkans), et il ne viendrait pas à l’idée d’un Rom de donner à ses enfants un prénom qui ne soit pas du pays où il nait (lire les prénoms des enfants d’une famille rom permet parfois de retracer leur pérégrination ; exemple : Dragan, Mikos, Giuseppe, Jean-Pierre). Cela ne les empêche pas de garder vivace la tradition rom, à commencer par la langue romani, et l’importance primordiale de la famille élargie (la solidarité n’est pas un vain mot chez les Roms). Il est d’ailleurs parfaitement possible qu’un de vos collègues de travail soit Rom et que vous ne l’ayez jamais soupçonné.
Naturellement, ces Roms ne sont pas
personnellement menacés par la politique actuelle, même s’il est
probable qu’ils la vivent assez mal.
Les Roms étrangers sont donc quant à eux des migrants qui veulent une maison qui ne bouge pas, et habitent des habitations de fortune, triste résurgence des bidonvilles. Ils viennent de pays qui ont toujours refusé leur intégration en en faisant des parias dans leur propre pays. Même si l’intégration à l’UE de ces pays a conduit à un changement total de politique, les états d’esprit, eux n’ont pas changé, et le rejet répond hélas souvent au rejet. Certains Roms se sont sédentarisés et tant bien que mal intégrés, comme les Kalderashs (du roumain Căldăraşi, chaudronniers, habiles travailleurs du métal, en particulier du cuivre) ; d’autres, comme les nomades, forment une société fermée et hostile aux gadjé — aux non-Roms. La plupart des Roms de Roumanie qui viennent en France sont des kalderashs, et non des nomades, fuyant la misère et le rejet dont ils font l’objet dans leur pays. Donc, pas des gens du voyage.
Les roms des Balkans (ils sont nombreux en Serbie et au Kosovo) fuient eux aussi la misère, même si certains demandent l’asile (très peu l’obtiennent) prétendant faire l’objet de persécutions. Il faut reconnaître que lors de la guerre du Kosovo en 1999, des Roms ont été recrutés par les troupes serbes pour se livrer à des opérations militaires de nature à intéresser le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), et se sont acquittés de cette tâche avec un zèle qui n’a pas laissé de très bons souvenirs auprès des populations kosovares (j’entends par là : albanais du Kosovo).
Des Roms, des stats et de la bière nom de Dieu
Une question se pose, et je ne tiens pas
à l’éluder : celle des Roms et de la délinquance. Le lien est certain,
les chiffres ne mentent pas. Partout
en Europe, les Roms sont bien plus victimes de la délinquance que les
autres populations. Destructions de biens, agressions racistes, sur
lesquelles les autorités ferment bien volontiers les yeux, d’autant plus
que les Roms, on se demande pourquoi, ont développé à leur encontre une
certaine méfiance, quand ce ne sont pas des pogroms. Sans
compter les crimes contre l’humanité subis par ce peuple, que ce soit le
génocide nazi ou la réduction en esclavage en Valachie et en Moldavie
—oui, des esclaves en Europe— jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle.
Ce n’est pas une boutade, c’est une réalité : la délinquance, les Roms en sont d’abord victimes. On a déjà vu que même en France, État de droit imparfait mais État de droit, l’État ne respecte pas la loi Besson. Vous verrez dans la suite de ce billet qu’au moment où je vous parle, il fait encore pire à leur encontre puisque la politique d’expulsion mise en œuvre est illégale. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les juges administratifs. L’Union européenne l’a remarqué. Le Conseil de l’Europe l’a remarqué. L’ONU l’a remarqué. Le Pape l’a remarqué. L’UMP n’a rien remarqué.
Mais n’esquivons pas la question de la délinquance de Roms. De Roms, pas DES Roms. Elle existe, c’est indéniable, ne serait-ce du fait qu’aucun groupe humain n’est épargné. Est-elle plus élevée que dans les autres groupes sociaux ? C’est probable.
Évacuons rapidement une question : l’occupation sans droit ni titres de terrains publics ou privés. Il ne s’agit pas de délinquance puisqu’au pire (occupation d’un terrain public), ces faits sont punis d’une contravention de grande voirie.
Les causes premières de la délinquance, au-delà du mécanisme intime et personnel du passage à l’acte, qui fonde la personnalisation de la peine, sont la pauvreté (liée au chômage ou à la précarité de l’emploi ; un CDD est aussi rare dans une audience correctionnelle que la vérité dans la bouche d’Éric Besson), l’exclusion (qu’entraîne mécaniquement le fait d’être sans-papier, notamment), le faible niveau d’instruction (qui empêche d’accéder aux professions rémunératrices), outre le fait que la délinquance concerne surtout des populations jeunes (le premier enfant a un effet remarquable sur la récidive).
Vous avez remarqué ? Je ne viens pas de vous dresser un portrait du jeune versaillais. Plutôt celui du jeune Rom des terrains vagues. Ou du jeune des cités, soit dit en passant pour la prochaine fois ou on tapera sur eux. À vous de voir avec votre conscience si vous voulez y ajouter une composante génétique.
Parce qu’aucune statistique n’existe sur la délinquance des Roms. Aucune. Tout simplement parce que ce serait interdit : Rom est une origine ethnique, or la loi prohibe la constitution de fichier sur des bases ethniques ou raciales — suite à un précédent quelque peu fâcheux. Donc quand le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux prétend présenter des statistiques de la délinquance des Roms pour justifier la politique du Gouvernement, il ment ou il transgresse, on dit "il viole", sa propre loi, ou il nous prend pour des pommes, sans doute tout cela à la fois.
Le ministre de l’intérieur a cru devoir présenter publiquement (sur RTL) le 25 août des statistiques fondées sur "une étude des services de police", non sur l’origine ethnique, interdite, mais sur la nationalité du délinquant, roumaine en l’occurrence.
Mes lecteurs ayant suivi jusqu’ici ont déjà compris l’inanité de l’affirmation. Rom ne veut pas dire Roumain, et le ministre joue ici sur la ressemblance des termes, et l’inculture de son auditoire. Mes lecteurs sachant faire la différence entre un mot sanskrit et un mot latin, je ne m’attarderai pas sur ce stratagème grossier, qui ne trompera que qui veut être trompé.
De plus, les services de police, même si on leur fait perdre un temps précieux depuis des années à collectionner des statistiques inutiles hormis à la communication gouvernementale, ne sont pas un service de statistique. La méthode de récolement des données n’a rien de scientifique et n’a jamais eu la prétention de l’être. Elle repose sur les délits constatés ou dénoncés, ayant donné lieu à élucidation. Donc préalablement à enquête. Or la distribution des effectifs et des moyens (limités, et de plus en plus du fait de ce même Gouvernement) dépend pour l’essentiel des directives données par ce même Gouvernement.
Je m’explique. Le Gouvernement estime que l’opinion publique, qu’il confond hélas trop volontiers avec le peuple souverain, est particulièrement remontée contre les vols à la tire (les pickpockets) ou à l’arraché (qui en est une variante un peu plus bourrin) dans les transports en commun. Le ministre de l’intérieur va demander aux forces de police de mettre la pression contre cette délinquance. Le commissaire de police va recevoir cette instruction et va redistribuer ses effectifs, qui préalablement luttaient contre les violences faites aux personnes, sur les voleurs du métro. Mécaniquement, le nombre d’interpellation pour des faits de violence va baisser. Les policiers interviendront toujours lors d’une bagarre, mais n’arrêteront personne pour des faits de violences légères, puisque leur mission est de surveiller les voleurs à la tire. Un délit constaté de moins = baisse de la statistique correspondante, sans que la réalité n’ait changé en quoi que ce soit. En revanche, plus de voleurs à la tire seront arrêtés (car la police reste malgré tout plutôt efficace dans son boulot). Augmentation de la statistique, sans lien avec l’évolution de la réalité. Voilà la méthodologie qui préside à la confection de ces "statistiques".
C’est pourquoi le ministre peut proclamer des chiffres aussi aberrants, et sans hélas faire tiquer qui que ce soit, qu’une augmentation de 138 % en un an de la délinquance roumaine. Personne ne fait le lien avec une autre donnée, qui indique que 13,65% des auteurs de ces vols seraient Roumains (sous-entendu : Roms). C’est-à-dire que 13,65% des délinquants sont responsables d’une augmentation de 138% des délits. Qui a dit que les Roms étaient des feignants ?
D’autant plus que pour fréquenter un peu les prétoires parisiens, je suis assez bien placé pour savoir qu’il existe aussi une délinquance roumaine non-rom, assez active ces derniers mois, dite de l’escroquerie aux "Yes-card". Une Yes-card est une fausse carte de crédit qui, quel que soit le code que vous tapez, renvoie toujours une réponse positive au lecteur, faisant croire que la banque a accepté la transaction. Des Roumains achètent ainsi des vêtements de marque et des parfums, et vont les revendre à Bucarest. C’est une atteinte aux biens, commise par des Roumains, mais pas par des Roms. Sauf dans les statistiques de M. Hortefeux.
Brisons là, ce billet mérite je pense d’être soumis à vos commentaires. Le deuxième volet sera centré sur le droit des étrangers et portera sur les mesures actuelles d’expulsion, pour lesquelles le Gouvernement use selon les cas de deux méthodes : soit violer la loi, soit se payer votre tête. Et fort cher, si ça peut vous consoler.
vendredi 4 juin 2010
Une vietnamienne contre les rroms.. Navrant : j'ai passé le gué je coupe les cordes.. Anh Dao de son nom, fille adoptée de Chirac également
Et à présent, sans transition, les propos de Anh Dao sur les ''roms'' cités entre autres par le Midi-Libre du 6 septembre
Une petite orpheline "boat people" issue de la guerre du Vietnam, en larmes sur le tarmac de l'avion qui l'a ramenée de son pays... rencontre le Président de la République française... qui l'adopte. Une belle histoire ? Oui. Mais voici ses propos quarante ans après... avec en exergue cette pensée de Spinoza.
"Les roms n'ont pas leur place dans l'avenir de la France, ils ne sont pas intégrables. Dans le 91 où j'habite, je vois ce qui se passe... tous les matins, les hommes obligent leurs femmes, leurs enfants et leurs petit-enfants à faire la manche et attendent qu'ils rentrent le soir. Est-ce que c'est la France, ça? La dignité ? Est-ce qu'on doit fermer les yeux ? Ils vivent comme des rats.. Moi je soutiens fermement Sarkozy sur cette question.... Et aussi sur la déchéance de la nationalité... Une personne d'origine étrangère qui tire sur un policier doit perdre sa nationalité immédiatement, c'est pareil pour la polygamie, en République, ça n'existe pas. Je ne veux pas qu'on mette les enfants au premier plan (sous entendu qu'on se serve d'eux pour empêcher les expulsions) en Italie on brûle des caravanes et personne ne dit rien. Arrêtons de salir notre pays. Moi, je dis aux catholiques touchés par les roms ''allez sur le terrain et faites la charité''.
Texte raciste repris par moi -à peine-
"Les roms vietnamiens
n'ont pas leur place dans l'avenir de la France, ils ne sont pas
intégrables. Dans le 91... je vois ce qui se passe... tous les matins,
dans leurs gourbis, les hommes obligent leurs femmes, enfants et
petit-enfants à faire la cuisine pour des bouis bouis infects et
attendent qu'ils rentrent en jouant au Mah Jong. Est-ce que c'est la
France, ça ? La dignité ? Est-ce qu'on doit fermer les yeux ? Ils vivent
comme des rats, à dix dans des "deux pièces" sans air, et ne déclarent
jamais aucun mort, ce n'est pas louche, ça, avec leur cuisine hachée
menu et les restaurants qui dans leurs quartiers, poussent partout
comme des champignons ?.. Dans le 13ème, c'est "china town". Moi je
soutiens fermement Sarkozy sur cette question.... Et aussi sur la
déchéance de la nationalité... Une personne d'origine étrangère qui tire
sur un policier doit perdre sa nationalité immédiatement, c'est pareil
pour la polygamie, en République, ça n'existe pas. Je ne veux pas qu'on
mette les enfants au premier plan... en Italie on brûle leurs maisons et
personne ne dit rien. Arrêtons de salir notre pays. Moi, je dis aux
catholiques touchés par les roms vietnamiens ''allez sur le terrain et faites la charité''.
Notez que ces propos ont réellement été tenus au sujet des asiatiques du 13 ème arrondissement de Paris.
Notez que ces propos ont réellement été tenus au sujet des asiatiques du 13 ème arrondissement de Paris.
DEVOIR DE REPONSE
Absolument soufflée par les diatribes à
la fois racistes et absurdes de Anh Dao Traxel, fille de Chirac, qui
d'une part confond ''rom'' et roumain, d'autre part englobe les deux
dans le mythe du "délinquant". En dépit de l'euphonie, le terme ''rom''
n'a rien à voir avec Roumanie : il veut simplement dire ''homme'' en
romani, la langue des ''roms'', issue du sanskrit, par parenthèse une
des plus vieilles langues indo européennes qui soient -c'est la langue
des érudits de l'Ecole des Chartes-. Il se trouve que certains roms sont
originaires de Roumanie, comme de beaucoup d'autres pays et il est vrai
que certains roumains sont venus, depuis l'entrée dans l'Europe de leur
pays, se réfugier en France ou ailleurs. Il y a sûrement parmi eux des
délinquants... tout comme dans toutes les populations pauvres réduites à
vivre d'expédients : pas plus chez eux que chez n'importe quel autre
groupe placé dans des situations identiques.* Voir à ce sujet l'article d'Eolas (lien).
De tels propos, discriminants sur une base ethnique sont contraires aux droits de l'homme c'est à dire à la France et si quelqu'un n'y a pas sa place, c'est celle qui les profère et non ses victimes. Hélène Larrivé
De tels propos, discriminants sur une base ethnique sont contraires aux droits de l'homme c'est à dire à la France et si quelqu'un n'y a pas sa place, c'est celle qui les profère et non ses victimes. Hélène Larrivé
* Il est exact que certains malfrats de toutes nationalités,
notamment turcs, se sont déclarés "roumains" ou "bulgares" pour pouvoir
entrer en Europe et fuir la justice mais ce phénomène n'a rien à voir
avec les roms ni même avec la Roumanie et une soi disant prévalence de
celle-ci pour la délinquance ! Simplement, sa situation d'interface
orient-Europe en a fait un tremplin facile pour filer en sécurité à
l'étranger. Si on ne peut demander à Anh Dao ou même à Mr Hortefeux de
posséder des rudiments de sanskrit, on peut en revanche exiger d'eux
qu'ils réfléchissent cinq minutes devant une carte avant de cracher.
Les roms, entre racisme et paternalisme
30 août 2010
Note d'avant dernière minute. Les roms à Saint-Ambroix, entre exclusion, débrouille et assistanat
Note d'avant dernière minute. Les roms à Saint-Ambroix, entre exclusion, débrouille et assistanat
Dans ce village où ils se sont "intégrés" depuis longtemps, les
roms ici appelés "gitans"... mais plus communément "caraque" [terme
très péjoratif même s'il ne l'était pas au départ] semblent complètement
acculturés : ne parlant plus le romani, du moins pour ce qui est
des "nouvelles" générations, c'est à dire déjà ceux de 50-60 ans -ou
l'affectant- ils ont été mal ou pas scolarisés comme beaucoup d'enfants
très pauvres qui ont dû travailler dès 5-6 ans, et beaucoup sont quasi
analphabètes... si bien que, même plus ou moins sédentarisés, leur
situation est celle de pseudo-marginaux. A cela s'ajoute le racisme qui
les a obligés à se replier sur eux-mêmes [et parfois des unions
consanguines] : leur existence, même relativement "convenable"
économiquement, aides aidant, est pathétique. Ces "aides" sont souvent
conditionnées à une soumission au pouvoir d'autant plus aisée à obtenir
qu'ils sont peu instruits
(lien). Certains sont employés à des taches secondaires (secrétariat
dans le meilleur des cas mais surtout au nettoyage, ramassage des
poubelles etc..) qui les font vivre, et les plus "favorisés" occultent
souvent leur romanité. Tous ceux auxquels j'ai demandé récemment
s'ils parlaient le sanskrit ou le romani ont nié avec force, tout comme
leur romanité, un peu choqués semblait-il par mes questions... "On
est français, on a tous des appartements, des papiers, on n'est pas des
gitans* etc..." Mais tous condamnent avec force l'expulsion des roms et
Sarko avec...
Même si le camp de gitans est situé tout près de la station d"épuration, et si presque TOUS LES NON GITANS parlent d'eux avec un mépris plus ou moins accusé, ils bénéficient parfois de certains passe-droits dit-on, toujours subalternes, chaque équipe ayant "ses" supporters à fins électorales. Ils ne semblent souvent pas conscient d'être utilisés. Voir le blog http://aujourlejour5.blogspot.com
Même si le camp de gitans est situé tout près de la station d"épuration, et si presque TOUS LES NON GITANS parlent d'eux avec un mépris plus ou moins accusé, ils bénéficient parfois de certains passe-droits dit-on, toujours subalternes, chaque équipe ayant "ses" supporters à fins électorales. Ils ne semblent souvent pas conscient d'être utilisés. Voir le blog http://aujourlejour5.blogspot.com
* C'est le terme qu'ils emploient ici pour se désigner eux mêmes, non péjoratif -du moins dans ce village.-