lundi 14 juin 2010
(2) Vichy ? Analyse de Gosselent, de Hervé Favre (la voix du Nord)
"Peut-on
comparer l’attitude actuelle de la France à l’égard des Roms à celle de
Vichy à l’égard des Juifs? Non, car tant qu’il n’y aura pas menace de
mort et mort effective, c'est sans commune mesure. Oui car eût égard à
ce que nous savons de la notion de génocide aujourd’hui -que le monde de
Vichy ignorait- nous devons être tout particulièrement vigilants quant
aux droits de gens dont des parents ont été victimes d’un génocide -et
qui peuvent donc l'être à nouveau-. Quand
on essaye d’imaginer ce qui se passerait si un pays d’Europe avait
cette attitude à l’égard de sa population juive, on comprend
immédiatement en quoi l’attitude française est inacceptable. Une telle
attitude contre les Juifs est tout simplement impensable, inimaginable partout dans le monde, même en Iran, en Corée du Nord, au Soudan...
Apparemment, avec les Roms, ça n’est pas pareil, c’est un génocide certes, mais ça ne donne pas d’obligation morale à protéger spécifiquement les droits des victimes ou de leurs descendants. La France -qui a reconnu le génocide arménien- vient d’inventer une catégorie, le sous-génocide, le génocide qui n'impose aucune obligation morale, dont on n'a pas à tenir compte..."
"Mon
père à eu des très bons amis d’enfance Roms et il nous a prénommés mon
frère et moi avec les prénoms de ces deux amis. Il y a deux points que
je trouve important de souligner à propos des Roms et de leur culture.
La société Rom est très orientée vers la transmission de divers
savoir-faire, d’individu à individu. Compte-tenu -cause et conséquence-
de leur itinérance -voulue et subie- les Roms ont eu peu accès à l’école
mais ils ont su transmettre des savoir-faire -notamment artisanaux et
artistiques mais aussi médicinaux- de générations en générations.
De ce point de vue, leur approche de la connaissance est similaire à celle de ceux qu’on appelle Peuples Premiers (Autochtones, Aborigènes, Premières Nations). La pédagogie est indissociable des structures de base de la société, notamment la famille.
Et
pour ce qui est justement du lien entre les Roms et un territoire
originel, il convient de noter que les Roms ont suivi, des siècles plus
tard, le trajet des Indo-Européens. De
ce point de vue, leur périple est absolument remarquable
ethnologiquement, puisqu’ils ne savaient rien des Indo-Européens et
n’avaient pas non plus conscience de faire un périple, ils changeaient
simplement souvent d’endroit, et ces changements ont constitué un
périple seulement après plusieurs générations. Pour les
individus, ce périple était invisible, et inconscient. C’est tout à fait
remarquable que les Roms aient reconstruit ce périple sans le savoir et
qu’ils aient été les seuls à le faire.
Excusez
le parallèle entomologique mais cela me fait penser au périple des
papillons Monarque en Amérique du Nord qui font une migration qui leur
prend plusieurs générations. Personne n’a à ce jour découvert comment
ils pouvaient refaire le trajet de leurs parents sans l’avoir appris
d’autres individus."
Note
de moi : lorsqu'on lit un article de journal ou qu'on entend un
discours à leur sujet, remplacez toujours mentalement le mot "rom" par
le mot "juif" et vous verrez tout de suite l'effet que ça fait... merci à
Roland Matteoli
(lien) de "datzibaoued" qui m'en a fait prendre conscience ! Je ne
trouvais rien de grave à voir écrit dans les feuilles de chou régionales
ou nationales "le gendarme qui a tué un gitan" etc... Oui, c'était bien
le cas, non? Et lorsque j'ai remplacé le mot "gitan" par le mot
"juif"... Ca change tout ! Honte à moi.
Résumé, étymologie et histoire
-->
''Tous les préjugés mènent aux Roms''
Hervé Favre, La Voix du Nord
मनुर् भव जनया दैव्यं जनम्
Deviens l'Homme, pour créer la race divine.
Les
Roms ou Doms (hommes en hindi) partirent du Sind actuel (ce sont des
sinti) et du nord du Pendjab vers l'an 900 en deux vagues dont la
seconde 3 siècles après. Sans doute des ''intouchables'' et des artistes
musiciens renommés, car les professions des hors-castes
particulièrement méprisés [bouchers, équarrisseurs, fossoyeurs..]
comprenaient aussi les ''saltimbanques'' c'est à dire des artistes...et
des militaires. Chassés ou au contraire envoyés en ''ambassade'' à la
cour de Perse, ils parlaient le sanskrit et l'hindi-ourdou et le parlent
toujours : c'est le ''romani'' leur langue actuelle qui comporte
cependant des emprunts aux divers pays où ils se sont établis au point
que certains l'ont oubliée (et elle fut parfois interdite) et que se
sont créés des idiomes comme le ''calo'', mélange de romani et de vieil
espagnol, tout comme pour les juifs le ladino que parlent les séfarades,
mixte d'hébreu et d'espagnol, ou le yiddish des ashkénazes, tiré de
l'allemand ancien et aussi de l'hébreu..
Romanichels ou ''romani tschel'' (tschel=tribu) signifie simplement ''tribu d'hommes'' en romani Manouches, de ''manusha'' qui veut aussi dire homme en sanskrit.
Gitans
(gypsies en anglais) vient d'Égypte, mais en grec ''gyps'' signifie
recycleur, équarrisseur et ''gyftos'' ferronnier, ferrailleur... ainsi
qu'une montagne.
L'ethnonyme ''gitan'' désigne les roms ayant migré vers le sud, Espagne,
Midi etc... (Gitanos) par opposition à ''Tsigane'' et il est peu utilisé par les Roms qui le considère comme péjoratif, tout comme ''tzigane'' -au 18ème, il fut remplacé par égyptiens.
Tsiganes. Désigne les Roms du nord et occidentaux, le terme, issu de Zingares (du sanskrit ''Sinti'') ou ''harijana'' (intouchable en sanskrit également)... [en grec
''astiganos'' qui est peut-être le dérivé de ''harijana'' désignait une
secte ''qui ne touchait personne'' mais peut-être aussi ''que personne
ne pouvait toucher'']... mais l'ethnonyme pourrait aussi venir de ''sagaie'', arme de jet qu'ils fabriquaient... et utilisaient ; il a donné ''Zigeuner'' en allemand, ''Cigány'' en hongrois, ''Zingaro'' en italien...
et, utilisé lors de l’esclavage des Rom, dans les pays slaves, il est
synonyme d'esclave donc péjoratif également -moins en occident-... Il
fut celui des nazis: les Tsiganes préfèrent le S au Z, qui était tatoué sur eux par les SS dans les camps de la mort pour ''Zigeuner'' -et qui n'existe pas dans l'alphabet sanskrit-.
(2) Les yéniches, lien avec le peuple juif et kurde
Les Yéniches, un trait d'union avec le peuple juif ?
Il est probable et à présent attesté que leurs origines sont diverses : un groupe provient de paysans suisses et allemands survivants de la jacquerie du 16ème siècle dite la révolte des "rustauds" qui coûta la vie à un tiers -100 000- d'entre eux, et sans doute de soldats germains rescapés de la guerre de trente ans ayant fui la boucherie qui se seraient ralliés puis reliés entre eux. Cependant les nazis qui ne les considéraient ni comme roms ni comme juifs, les massacrèrent tout de même comme "asociaux". Leur vie est extrêmement précaire si bien qu'on a pu dire d'eux qu'ils étaient les roms des roms. Parmi eux, des familles d'exclus vivent dans des bidonvilles-décharges avec de très nombreux enfants, repliés sur eux-mêmes et -cause ou conséquence, sans doute les deux- parfois, l'alcoolisme y fait des ravages.. Ils ont aussi de grands musiciens dont les compositions rappellent celles des juifs de l'Est.
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Migration supposée du peuple juif, parallèle à celle des roms
Juifs, kurdes et gitans, des liens antiques ?
Chassés
et errants, furent-ils en contact avec les juifs identiquement sur les
routes? Est-ce ainsi que se créa cette communauté qui incontestablement puise ses traditions dans les deux cultures?
De même les kurdes de Turquie -musulmans!- souvent reliés aux roms,
portent parfois traditionnellement autour du cou... la croix de Camargue
! qui ne peut provenir que d'ancêtres "gitans" catholiques issus du
Midi de la France. La romité n'a pas de définition exacte -encre
davantage que le judaïsme, qui est une religion, ayant depuis peu
intégré les juifs noirs d'Ethiopie- et par exemple dans "Enfance"
(Gorki), Tziganok, l'esclave indispensable à la famille et pour cela
aimé ou en tout cas respecté et envié par tous, autrefois trouvé bébé au
pied d'une église et "adopte", a été "décrété" tzigane -par son allure?
ou plus vraisemblablement par commodité pour pouvoir ensuite en faire
ensuite un esclave-.
L'éducation nationale en cause
Note de moi : l'exclusion totale entraîne parfois des mariages entre membres de groupes restreints, ce qui n'est pas bon génétiquement, voir les rois de France -ou d'ailleurs.- Et même dans des cas -rares- où on tente de les inclure, il arrive qu'ils le refusent par orgueil ou méfiance -et on peut les comprendre lorsque l'on voit ce que ces "tentatives" parfois cachaient. Ainsi, dans un lycée de Créteil où ils avaient établi un camp -sur une pelouse, ce qui ne gênait personne- lorsque, avec une collègue, nous étions venus leur proposer d'inscrire leurs jeunes qui erraient souvent sur le site -ils se servaient simplement des toilettes et de l'eau- la chef du clan, une femme -très pieuse- avec laquelle nous avions bavardé autour d'un thé, refusa fortement car nous dit-elle, elle tenait à ce qu'ils soient "bien élevés" et n'avait pas trop confiance en l'éducation nationale, préférant se charger elle-même avec ses brus de leur éducation, strictement familiale. Elle redoutait plus que tout qu'un de ses nombreux petits-fils (handicapé -trisomique-) ne lui soit retiré et placé en institution, la famille lui paraissant le seul rempart contre l'exclusion de ceux qui sont hors norme... et n'avait peut-être pas tort. [Une solution serait les camions-écoles dont l'expérience a été tentée au départ par des instituions religieuses catholiques, avec succès... mais très sporadiques.]
Même notre arrivée -sans rendez-vous- dans le "camp" avait été arrêtée par deux jeunes costauds surgis devant la "porte" tels des hallebardiers en faction -le camp était établi de manière circulaire avec un accès et un seul- qui nous avaient demandé d'attendre, puis escortés chez la chef, leur grand-mère. Ce n'est qu'après son aval qu'ensuite nous pûmes circuler librement. Elle s'en excusa, ils étaient obligés car ils avaient peur des agressions.
Voir à ce sujet l'excellente vidéo de John-Paul Lepers (lien) : "Qui a peur des gitans?"
[Dans les Balkans, cf Le courrier des Balkans (lien) -plus encore qu'ailleurs- la discrimination envers les enfants roms à l'école est quasi institutionnalisée.]
Les
roms, comme les juifs, peuple lui aussi "errant", portent souvent des
noms de villes ou de pays, sans doute indiquant leur origine : France,
Lisbona, Stambouli, Maurel etc... et la culture juive a quelques traits
communs avec la leur, le syncrétisme en plus -chez les roms-.
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(2) L'éducation nationale en cause
L'éducation nationale en cause
Note de moi : l'exclusion totale entraîne parfois des mariages entre membres de groupes restreints, ce qui n'est pas bon génétiquement, voir les rois de France -ou d'ailleurs.- Et même dans des cas -rares- où on tente de les inclure, il arrive qu'ils le refusent par orgueil ou méfiance -et on peut les comprendre lorsque l'on voit ce que ces "tentatives" parfois cachaient. Ainsi, dans un lycée de Créteil où ils avaient établi un camp -sur une pelouse, ce qui ne gênait personne- lorsque, avec une collègue, nous étions venus leur proposer d'inscrire leurs jeunes qui erraient souvent sur le site -ils se servaient simplement des toilettes et de l'eau- la chef du clan, une femme -très pieuse- avec laquelle nous avions bavardé autour d'un thé, refusa fortement car nous dit-elle, elle tenait à ce qu'ils soient "bien élevés" et n'avait pas trop confiance en l'éducation nationale, préférant se charger elle-même avec ses brus de leur éducation, strictement familiale. Elle redoutait plus que tout qu'un de ses nombreux petits-fils (handicapé -trisomique-) ne lui soit retiré et placé en institution, la famille lui paraissant le seul rempart contre l'exclusion de ceux qui sont hors norme... et n'avait peut-être pas tort. [Une solution serait les camions-écoles dont l'expérience a été tentée au départ par des instituions religieuses catholiques, avec succès... mais très sporadiques.]
Même notre arrivée -sans rendez-vous- dans le "camp" avait été arrêtée par deux jeunes costauds surgis devant la "porte" tels des hallebardiers en faction -le camp était établi de manière circulaire avec un accès et un seul- qui nous avaient demandé d'attendre, puis escortés chez la chef, leur grand-mère. Ce n'est qu'après son aval qu'ensuite nous pûmes circuler librement. Elle s'en excusa, ils étaient obligés car ils avaient peur des agressions.
Voir à ce sujet l'excellente vidéo de John-Paul Lepers (lien) : "Qui a peur des gitans?"
[Dans les Balkans, cf Le courrier des Balkans (lien) -plus encore qu'ailleurs- la discrimination envers les enfants roms à l'école est quasi institutionnalisée.]
Note de moi : l'exclusion totale entraîne parfois des mariages entre membres de groupes restreints, ce qui n'est pas bon génétiquement, voir les rois de France -ou d'ailleurs.- Et même dans des cas -rares- où on tente de les inclure, il arrive qu'ils le refusent par orgueil ou méfiance -et on peut les comprendre lorsque l'on voit ce que ces "tentatives" parfois cachaient. Ainsi, dans un lycée de Créteil où ils avaient établi un camp -sur une pelouse, ce qui ne gênait personne- lorsque, avec une collègue, nous étions venus leur proposer d'inscrire leurs jeunes qui erraient souvent sur le site -ils se servaient simplement des toilettes et de l'eau- la chef du clan, une femme -très pieuse- avec laquelle nous avions bavardé autour d'un thé, refusa fortement car nous dit-elle, elle tenait à ce qu'ils soient "bien élevés" et n'avait pas trop confiance en l'éducation nationale, préférant se charger elle-même avec ses brus de leur éducation, strictement familiale. Elle redoutait plus que tout qu'un de ses nombreux petits-fils (handicapé -trisomique-) ne lui soit retiré et placé en institution, la famille lui paraissant le seul rempart contre l'exclusion de ceux qui sont hors norme... et n'avait peut-être pas tort. [Une solution serait les camions-écoles dont l'expérience a été tentée au départ par des instituions religieuses catholiques, avec succès... mais très sporadiques.]
Même notre arrivée -sans rendez-vous- dans le "camp" avait été arrêtée par deux jeunes costauds surgis devant la "porte" tels des hallebardiers en faction -le camp était établi de manière circulaire avec un accès et un seul- qui nous avaient demandé d'attendre, puis escortés chez la chef, leur grand-mère. Ce n'est qu'après son aval qu'ensuite nous pûmes circuler librement. Elle s'en excusa, ils étaient obligés car ils avaient peur des agressions.
Voir à ce sujet l'excellente vidéo de John-Paul Lepers (lien) : "Qui a peur des gitans?"
[Dans les Balkans, cf Le courrier des Balkans (lien) -plus encore qu'ailleurs- la discrimination envers les enfants roms à l'école est quasi institutionnalisée.]
Les
roms, comme les juifs, peuple lui aussi "errant", portent souvent des
noms de villes ou de pays, sans doute indiquant leur origine : France,
Lisbona, Stambouli, Maurel etc... et la culture juive a quelques traits
communs avec la leur, le syncrétisme en plus -chez les roms-.
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(2) La France vue de l'étranger !!!
Des articles de journaux
Libération
"Quelques 300 000 Tsiganes (Sintis et Roms) vivent en Allemagne en 1933. (lien). Ils ont la nationalité allemande. Nombre d’entre-eux ont combattu pendant la première guerre mondiale et s’engagent en faveur de la démocratie sous la république de Weimar. La « prise de pouvoir » par les nationaux-socialistes signifie pour eux le début d’un temps où ils sont privés de leurs droits et persécutés pour des raisons racistes, et qui se termine par un génocide." Vous aurez noté le "privé de leurs droits" je suppose. Ça commence toujours de la même façon en effet, hélas, comme le note un autre site qui parle juste lui aussi : "Il faut garder en mémoire les paroles d’une rescapée des camps de la mort, citée par Claire Auzias, à propos de l’extermination des Roms en Allemagne : “Tout d’abord ils sont déclarés asociaux, ensuite on les met dans un camp de concentration, enfin on les extermine.”
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La Libre-Belgique
Les Roms sont confrontés à une forme de discrimination inédite en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Hommes, femmes et enfants sont expulsés dans plusieurs démocraties sous prétexte qu’ils constitueraient un risque pour l’ordre public. (George Soros dirigeant le Fond de gestion Soros.)
Les
Roms sont persécutés partout en Europe depuis des siècles : évictions
et expulsions collectives dans plusieurs démocraties européennes
d’hommes, de femmes et d’enfants sous le prétexte qu’ils constitueraient
un risque pour l’ordre public.
Récemment,
la France a initié les procédures d’expulsion de tous les Roms non
français, les considérant comme un groupe criminel, sans qu’aucune
procédure juridique n’ait permis de déterminer si ces individus ont
commis un quelconque crime ou s’ils représentent un risque à l’ordre
public. Les agissements de la France font suite à ceux de l'Italie et de
son "programme de sécurité" de 2008, qui avait qualifié les soi-disant
"nomades" de menace à la sécurité nationale et avait donc imposé un
recours législatif d’urgence visant à l’expulsion des Roms non italiens.
[...]
l’expulsion de citoyens de l’Union européenne sur la base de leur
origine ethnique sous couvert d’une quelconque activité criminelle est
en totale violation des directives européennes sur la discrimination
raciale et du droit à la libre circulation entre les Etats de l’UE.
Il
est en effet un principe légal établi que le crime doit être prononcé
par la détermination de la culpabilité d’un individu devant une cour de
justice. De plus, les criminels condamnés ne sont pas habituellement
expulsés s’ils sont citoyens d’un autre Etat de l’UE. Ce que la loi
européenne prévoit en revanche est que la décision d’expulsion soit
prononcée au cas par cas, et jugée nécessaire proportionnellement au
crime commis. Cette décision doit en outre prendre en considération
certains autres éléments (comme la force des liens que l’individu
entretient avec la communauté).
[.... ] Depuis la Seconde Guerre mondiale, les
européens ont toujours considéré inacceptable de soumettre un groupe,
quel qu’il soit, à un châtiment collectif ou à une expulsion de masse
sur la base de l’origine ethnique de ses membres; le fait donc de
considérer les Roms de façon collective, au mépris des droits
fondamentaux au nom de la sécurité, constitue un précédent inquiétant.
[...
] En réponse à la position de la France, le gouvernement suédois a
aussi appelé à une action concertée de l’UE pour encourager la
réinsertion des Roms.
Les
Roms veulent et peuvent s’intégrer pour peu que l’opportunité leur soit
offerte [....] C’est parce qu’ils sont confrontés à une discrimination
et à des privations scandaleuses chez eux qu’ils continuent de migrer
un peu partout en Europe. L’UE doit admettre que la nature
pan-européenne de ce problème exige une stratégie globale et efficace
pour favoriser la réinsertion des Roms.
La
responsabilité élémentaire de sauvegarde des droits et du bien-être de
tous les citoyens est du ressort des Etats membres de l’UE. Les
politiques et les programmes pour permettre la réinsertion à l’emploi, à
l’éducation, à la santé et au logement doivent être mis en œuvre aux
niveaux local et national. Mais l’UE a un rôle déterminant pour motiver,
coordonner, contribuer financièrement et contrôler de tels efforts dans
le cadre d’un plan d’envergure européenne.
En
2009, l’UE a [...] a donné son aval pour que des fonds structurels
soient utilisés pour répondre aux problèmes de logement en faveur des
communautés marginalisées, et en particulier des Roms. C’est un premier
pas mais [...] cela devrait être étendu à l’éducation, à la santé et à
l’emploi. [... ] à l’éducation dès la petite enfance, plutôt
qu’uniquement dans le cadre de la formation professionnelle.
La pauvreté structurelle dont sont affligées les communautés Roms est intimement liée au manque d’instruction et au chômage.
Les initiatives Europe 2020 de la Commission établissent des objectifs
spécifiques pour élever le taux de réussite scolaire et les niveaux
d’emploi pour tous les citoyens de l’UE. Les Roms sont tellement à la
traîne dans ces deux domaines par rapport à leurs concitoyens que les
objectifs visant à réduire ces écarts devraient être totalement intégrés
au plan Europe 2020.
Le
fossé le plus important entre les Roms et le reste de la population
n’est ni culturel ni lié à leur mode de vie - comme les médias
voudraient nous le faire croire - mais est bien un problème de pauvreté
et d’inégalité. [....] Les logements ségrégatifs sont une barrière à
l’intégration et ne génèrent que préjudices et échecs [.... ] [ce sont]
d’énormes bidonvilles et implantations dépourvus de réseau sanitaire et
des conditions élémentaires essentielles à une vie digne. La détresse de
tant de millions de Roms au XXIe siècle constitue une caricature des
valeurs européennes et entache la conscience de l’Europe.
La
détresse des Roms n’est pas... un problème de sécurité à court terme
qui peut être résolu par des mesures draconiennes visant à déplacer les
personnes d’un pays à un autre. Cette situation fragilise les valeurs
européennes et les principes du droit [...]
Les
Roms d’Europe constituent la plus importante minorité ethnique de ce
territoire, et le segment de population le plus jeune, avec la plus
rapide croissance démographique. [....] L’Europe
ne peut pas se permettre une autre génération perdue. C’est une question
de droits humains et de valeurs essentielles, et une question cruciale
pour la paix et la cohésion des sociétés à travers l’Europe.
Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats
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La France vue à l'étranger:
La jornada
La France vue à l'étranger:
La jornada
(Mexique) :
L’holocauste des Roms, hier et aujourd’hui
1496 : essor de la pensée humaniste. Les Roms allemands sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions pour les turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.
1710
: siècle des Lumières. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de
procès, tous les Roms adultes de Prague. Jeunes et femmes sont mutilés.
En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille
droite.
1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée
une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section est
transférée à Munich puis en 1937, à Berlin. 4 ans après, un demi-million
de Roms meurent dans les camps d’Europe centrale et de l’Est.
Taxés de criminels invétérés, arrêtés massivement, dès 1938, ils sont
incarcérés dans des blocs spéciaux de Buchenwald, Mauthausen, Gusen,
Dautmergen, Natzweiler et Flossenburg. A Ravensbruck, Himmler crée un espace pour sacrifier les femmes roms soumises à des expérimentations médicales.
120 fillettes sont stérilisées... Des milliers d’autres Roms sont
déportés de Belgique, Hollande et France vers Auschwitz, parfois des
quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants.
Aucun des 5000 Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.
En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le
bois de Jajnice. Les paysans se rappellent encore les cris des petits
Roms conduits sur les lieux d’exécution.
Dans
les camps, seul leur amour pour la musique leur servit parfois de
consolation. À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour
jouer et encourageaient les enfants à danser. Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.
La musique fut un facteur qui maintint leur unité et les aida à
survivre, tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et
les musulmans.
Leur
génocide ne fut pris en considération ni à Nuremberg ni après. Le
gouvernement d'Adenauer déclara que leur extermination avant 1943 avait
obéi à "des politiques d’État légales" (!) si bien que les victimes
d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter,
l'expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en
1982, 39 ans après, qu’il fut admis que les victimes avaient droit à des
indemnisations - la majorité était morte-.
Plus
des trois quarts des Roms, 12 à 14 millions, vivent en Europe centrale
et de l’Est. La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à
reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates,
albanaises et macédoniennes.
La déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par Sarkozy où ils se trouvent deux millions -la Roumanie, pays allié des USA et membre de l’OTAN dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste de ''sale tsigane''- est particulièrement perverse : la mortalité néonatale des Roms y est 9 fois plus élevée que la moyenne européenne, et leur espérance de vie dépasse à peine 50 ans.
La déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par Sarkozy où ils se trouvent deux millions -la Roumanie, pays allié des USA et membre de l’OTAN dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste de ''sale tsigane''- est particulièrement perverse : la mortalité néonatale des Roms y est 9 fois plus élevée que la moyenne européenne, et leur espérance de vie dépasse à peine 50 ans.
130
manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades
françaises de plusieurs pays avec le soutien d’organisations des droits
humains, de syndicats, de partis de gauche, d’écolo... Selon Ricardo
Martinez de Rituerto -elpais.com- le Parlement européen a cloué hier au
pilori la France et Nicolas Sarkozy qui expulse -déporte- des centaines
de citoyens européens au
motif de leur nature prétendument "criminelle". On a du mal à croire
qu’en 2010, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et
d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi
criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.
L'union romani d'Espagne à présent, citée par Maryvonne Leray, cyber résistante, (lien) du "Cri du peuple".
_____________________________________
Références:
Claire Auzias, Marcel Courtiade, "Samudaripen"
Jean-Pierre Dacheux, Petre et Sylviu Petcut, Elizabeth Clanet, Samir Mile, Tatiana Sarbu, Alain Reyniers, Virgil Ciomos (Institut d'études tsiganes, N 29)
Jean-François Berger, Bernath Gabor, Andras Biro -dissident hongrois-, "Onze siècles d'oppression"
Jean-Pierre Dacheux, Petre et Sylviu Petcut, Elizabeth Clanet, Samir Mile, Tatiana Sarbu, Alain Reyniers, Virgil Ciomos (Institut d'études tsiganes, N 29)
Jean-François Berger, Bernath Gabor, Andras Biro -dissident hongrois-, "Onze siècles d'oppression"
Tony Gatlif, "Le génocide oublié"
Yan Hancock, "Nous sommes des roms"
Kusturica, "Le temps des gitans" (film)
Mattéo Maximof, "Le prix de la liberté" (sur les netocis)
Miguel Haler, ''La route des gitans'' (roman)
Rajko Djurik, (poèmes)
Marcel Courtiade, professeur à la Sorbonne, "Les roms"
Jean-Marc Turine, "Le crime d'être rom"
Régis Blanchet, "Les roms, un peuple mémoire"
Léon Poliakov, "Histoire de l'antisémitisme" (1)
Albert Londres, "Le juif errant"
Léon Poliakov, "Histoire de l'antisémitisme" (1)
Albert Londres, "Le juif errant"
Hélène Larrivé, "Noces kurdes" (2)
Gérard Huet, romanologue, auteur de dictionnaires sanskrit-français
Yvon Massardier, romanologue, auteur d'un dictionnaire romani-français
Yvon Massardier, romanologue, auteur d'un dictionnaire romani-français
Nadine Stchoupak, romanologue rom, auteur d'un dictionnaire sanskrit-français (3)
Jacques Leclerc, linguiste http://ricetrac2.blogspot.com
Henriette Asseo, "Les tziganes, une destinée européenne"
Yeta Lomka, Awina Borghese, Bartoch, musiciens, auteurs de la musique du film cité préc.
Pierre Derlon, "Tradition occultes des tsiganes"
Yan Yoors, "Sur la route avec les roms Lovaras"
Roberto Lorier "Pâni et le peuple sans frontières" (4)
Alain Berto, anthropologue -université Paris 8-
Yan Yoors, "Sur la route avec les roms Lovaras"
Roberto Lorier "Pâni et le peuple sans frontières" (4)
Alain Berto, anthropologue -université Paris 8-
Rosa Raidic, Zlato Levak, déportés
Lydia Chagoll "Tsiganes sous la croix gammée"
Michel Collon, Baptiste Cogitore
Lydia Chagoll "Tsiganes sous la croix gammée"
Michel Collon, Baptiste Cogitore
(1)
Non directement relié au roms si ce n'est parce que les reproches faits
aux juifs réfugiés en Pologne étaient à peu près les mêmes que ceux que
l'on fait aux roms actuellement.
(2) Texte de moindre importance pour la question si ce n'est que le héros kurde, à la fin du roman, "avoue" à la narratrice qu'il est en fait à "demi gitan". http://larrive.info/Noces-kurdes.html
(3) Nadine Stchoupak, 1886/1941, sanskritologue russe exilée à Paris en 1904, condisciple d'Albert Mathiez, résistante -son mari mourut en déportation-.
(4) Romancier et historien rom qui a commencé une saga de son peuple dont ce livre (lien) est le premier volet..
(2) Texte de moindre importance pour la question si ce n'est que le héros kurde, à la fin du roman, "avoue" à la narratrice qu'il est en fait à "demi gitan". http://larrive.info/Noces-kurdes.html
(3) Nadine Stchoupak, 1886/1941, sanskritologue russe exilée à Paris en 1904, condisciple d'Albert Mathiez, résistante -son mari mourut en déportation-.
(4) Romancier et historien rom qui a commencé une saga de son peuple dont ce livre (lien) est le premier volet..
Remerciements à Anic Darnault (lien) pour son tableau "L'œil"
(2) Les rroms par les rroms
une synthèse -avec certains points de détail divergents
(''la voix des rroms'')
(''la voix des rroms'')
Les Rroms se subdivisent principalement en Rroms dits orientaux (85% du total); les Sintés (souvent appelés Manouches en France – 4%), les Kalés (ou Gitans – 10%); les Gypsies (ou Romanichals en Grande-Bretagne – 0,5%)... sans compter divers groupes de moindre importance numérique mais tout aussi Rroms que les autres Rroms. Au niveau européen, ils sont aujourd’hui sédentaires à 96%.
Le mot ‘Tsigane’ vient du grec Atsinganos (une
secte qui a disparu au XIème siècle) existant bien avant l’arrivée des
Rroms dans l'Empire byzantin et pratiquant une variante de la religion
persane manichéenne, dont les fidèles refusaient le contact physique
avec tous les autres d'où le terme Atsinganos (" non touchés ", mais ceci dans le sens inverse de la notion d'intouchable en Inde). Quand les Rroms arrivèrent à leur tour, venant d’Asie et gardant une certaine distance, les grecs les prirent pour un nouveau contingent. Ce mot de Tsigane n'a
pas de définition réelle. Plusieurs groupes qui n'ont aucun rapport
entre eux de par leur origine, leur culture, leur langue sont à
l'occasion appelés Tsiganes par les populations environnantes,
ignorantes et souvent racistes à leur égard. Ont pu être appelés
Tsiganes les Irish Travellers (celtes), les Yéniches (germaniques), les
Egyptiens des Balkans, les Rudar (ou Beás, roumains du sud de la
Serbie).. Le
1er Congrès International des Rroms (Londres, 1971) a revendiqué notre
droit légitime à être reconnu sous son véritable nom de ''Rrom''. On
utilise parfois en France le terme "Rroms, Gitans et Manouches" pour
spécifier les trois grandes branches de ce peuple.
Gens du voyage ? non
De
leur arrivée en Moldavie et Valachie au XIV siècle jusqu'en 1856 les
Rroms furent réduits en esclavage – donc largement sédentaires. A
peine 4 % de la population globale des Rroms (environ 15 millions) est
nomade. Ils ne l’ont jamais été par culture, mais par nécessité. Pendant
des siècles, ils ont été chassés de pays en pays, presque partout en
Europe, sous peine des pires sanctions, y compris la peine de mort… Dans l’Espagne du 16ème
siècle, tout Rrom (Gitan, en ce pays) surpris en train de parler sa
langue maternelle était puni de mutilation… ce qui explique que le
rromani s'y transforma en '' Kaló '', un idiome plus espagnol que
rromani…
Repoussés systématiquement, les Rroms d’Europe occidentale ont dû développer des moyens de subsistance adaptés à ce genre de vie : travaux agricoles saisonniers, travaux de réparation notamment de chaudronnerie, vannerie, voyance, maquignonnage, petit commerce ambulant* compatible avec la mobilité, dont certains sont aujourd'hui très fiers et qui constitue un Droit de l'Homme reconnu et pour l'exercice duquel tous les Rroms se battent.
* Thèse un peu différente de celle précitée qui supposait qu'il s'agissait déjà de leurs professions avant le départ de l'Inde.
Le romani
C'est
indiscutablement indienne et proche du hindi, langue de l’Inde. Son
vocabulaire et sa grammaire de base sont indiens aux trois quarts. Le
reste est constitué de vocabulaire emprunté principalement au persan, au
grec et ensuite aux langues européennes de contact. Malgré
sa prétendue diversité dialectale, le rromani est une seule et même
langue et les Rroms de Russie, d’Albanie, de Grèce etc. peuvent très
facilement communiquer entre eux en rromani – à la seule condition de ne
pas l'avoir oublié…
Ecrit depuis le début du 20ème siècle dans des alphabets différents
selon les pays, le rromani dispose depuis 1990 d’une écriture commune
laquelle permet notamment une meilleure diffusion de la littérature
rrom. Dans certains pays, comme la Roumanie, il est enseigné à l’école
et, en France, l’INALCO dispense une formation complète en langue et
civilisation des Rroms.
La Roumanie
Le mot ''Rrom''vient du sanskrit ''Ḍomba'', qui signifiait "artiste, artisan, qui crée de son esprit, de ses mains". Certes,
la Roumanie compte le nombre le plus important de Rroms – près de deux
millions, mais c'est un hasard : tous les Rroms ne sont pas Roumains et
tous les Roumains ne sont pas Rroms .
Les nazis, le samudaripen
Etaient considérés comme Rroms ceux qui avaient un seul arrière grand parent rrom.
(Note de moi: les nazis étaient apparemment plus ''exigeants'' envers les rroms qu'envers les juifs!)
Les
Rroms en tant que peuple étaient condamnés à l’extermination, voir
l’ordonnance d’Himmler de 1938 car quoique ''aryens'' ils étaient
considérés par les nazis comme des parias, asociaux. Il ne faut pas
oublier, au-delà des morts, tous les Rroms restés orphelins, veufs et
veuves, stérilisés, traumatisés à vie dans leur corps et leur esprit par
la folie nazie.
En
1997, le président des Etats-Unis Bill Clinton a choisi le professeur
Ian Hancock, un intellectuel rrom, comme membre du U.S. Holocaust
Memorial Council en tant que représentant du peuple rrom. Au
cours des dix-sept ans d’existence de ce Conseil, c’était la deuxième
fois seulement qu’un représentant rrom pouvait faire partie des 65
membres qui le composent. Lors du procès de Nuremberg qui jugea les
criminels de guerre nazis, aucune déposition de Rrom ne fut entendue. Pourquoi ?????
Plus de 6 décennies après la libération des camps,
la population rromani attend toujours que le monde reconnaisse son
martyre sous le régime nazi. Jusqu’à nos jours, seules les victimes
rroms de nationalité allemande ont reçu des ''réparations'' financières
et sur le plan de l’histoire, presque rien n'est fait pour la
reconnaissance du Samudaripen.
Roms célèbres
Django Reinhardt, Matéo Maximoff, Yul Brynner, Serge Poliakoff, Otto Müller, Camarón…
Fête nationale
Le
8 avril est une vieille fête des Rroms de Transylvanie – le "jour des
chevaux" … mais elle a pris une nouvelle dimension plus récemment et
beaucoup de Rroms par le monde la célèbrent désormais comme la date du
premier congrès mondial des Rroms en 1971. En France, ''La voix des
Rroms'' a instauré cette tradition depuis 2005 et organise chaque année
une Semaine de la culture rromani. En ce jour important pour le peuple
rrom, une pensée va tout naturellement aux victimes du Samudaripen.
SI MAN JEKH SUNO . J'ai fait un rêve.
Note : par ailleurs, ce site se démarque de l'association "Romeurope" que tous les rroms ont quittée.
Note : par ailleurs, ce site se démarque de l'association "Romeurope" que tous les rroms ont quittée.
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(2) Commentaires et discussions
Roms et délinquance, le point de vue d'un avocat (lien) Ne ratez pas l'article de Me Eolas (lien) sur la prétendue délinquance des roms*, beaucoup plus souvent victimes qu'auteurs, ainsi que son estimation du coût de la reconduite à la frontière d'une personne : 20 970 euros ! Me Eolas (lien.)* Cibles faciles qui n'iront pas se plaindre au commissariat et intenter un procès en DI... et si l'un disparait, on ne le cherchera pas trop...
Ni le blog linguistique de Bruno Dewaele (lien) -"La voix du Nord"-
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A en juger par le succès de ce blog -en une semaine voir en fin de blog-
on peut tout de suite dire que Sarko a fait "plus qu'une faute, une
erreur" (Talleyrand)... et une énorme. Ca fait chaud au cœur.
Propos de comptoir entendus hier à ce sujet par un gus très très remonté contre Sarko -donc "d'accord avec moi"-.. mais pas pour les mêmes raisons :
Propos de comptoir entendus hier à ce sujet par un gus très très remonté contre Sarko -donc "d'accord avec moi"-.. mais pas pour les mêmes raisons :
-"Mais c'est pas tout ça" -il parle des Droits de l'homme-...
"mais le plus pire, c'est que
ça va nous coûter cher cette combine, parce qu'ils vont revenir et il (Sarko) va
encore leur payer l'avion pour le retour, avec nos
sous. Et nos retraites ?" Mesquin mais pas idiot. Il fallait y penser.
Le coût estimé de la reconduite à la frontière d'une personne est de
plus de 20 000 euros, voir l'article de maître Eolas (lien) à ce sujet.
Une observation : presque tout le monde -il est vrai que Saint-Ambroix n'est pas le monde mais nous allons voir un post à ce sujet dont l'auteur est un homme cultivé qui fait de même - confond systématiquement "rom" et roumain ; pas mal de gens assimilent roumain et délinquant... et par extension, délinquant et étranger! Non, non non, roms ne signifie pas roumains -même si certains sont roumains comme des arabes peuvent être allemands, polonais, suédois ou français- ; non, les roumains ne sont pas particulièrement délinquants -même s'il en est parmi eux, parfois d'ailleurs de "faux" roumains- ; et non, les étrangers -à milieu social équivalent- ne sont pas plus délinquants que les français. A savoir, dire, répéter jusqu'à ce que ça rentre.
http://larrive.info Une observation : presque tout le monde -il est vrai que Saint-Ambroix n'est pas le monde mais nous allons voir un post à ce sujet dont l'auteur est un homme cultivé qui fait de même - confond systématiquement "rom" et roumain ; pas mal de gens assimilent roumain et délinquant... et par extension, délinquant et étranger! Non, non non, roms ne signifie pas roumains -même si certains sont roumains comme des arabes peuvent être allemands, polonais, suédois ou français- ; non, les roumains ne sont pas particulièrement délinquants -même s'il en est parmi eux, parfois d'ailleurs de "faux" roumains- ; et non, les étrangers -à milieu social équivalent- ne sont pas plus délinquants que les français. A savoir, dire, répéter jusqu'à ce que ça rentre.
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Les commentaires
Yveline David
Merveilleux travail. Il faut absolument faire savoir tout ce que vous rapportez dans votre blog. Il faut que le monde sache... je ne parle pas des gouvernements qui eux.. savent fatalement. mais comment faire gronder l'histoire de ce peuple ignoré par la plupart. Faisons savoir et connaitre leur histoire... Partageons et transmettons. A bientôt.
Merveilleux travail. Il faut absolument faire savoir tout ce que vous rapportez dans votre blog. Il faut que le monde sache... je ne parle pas des gouvernements qui eux.. savent fatalement. mais comment faire gronder l'histoire de ce peuple ignoré par la plupart. Faisons savoir et connaitre leur histoire... Partageons et transmettons. A bientôt.
Hélène Larrivé
Merci de tout cœur, du coup, j'ai rajouté le montage diapo. Etes-vous d'Aubenas ? Hélène
- Bonjour, Peut-être pourriez-vous transmettre au peuple Rom qu'un auteur français, vivant et très célèbre, est ému et défend leur cause depuis longtemps, grâce au talent de sa plume ? J'ai nommé, Gabriel Matzneff, un autre "métèque"...
- PS : Un autre lien ami de la cause, les penchants du roseau.
Gosse a dit…
- Bonjour, Excellent blog historique, très documenté. Je suis stupéfait d'apprendre que le Génocide Roms n'a pas été reconnu au Procés de Nuremberg. C'est comme si on me disait que la Seconde Guerre Mondiale n'était pas formellement terminée. Je vous transmets un lien vers un confrère à vous qui a écrit un post très bien construit sur le génocide des Roms. Jack52, sur Marianne.C'est le commentaire n°10 Bravo pour vos blogs. Gosselent
- Je viens du site de "Marianne". Voici ma réponse à un monsieur pourtant cultivé mais dont le vocabulaire un peu court (?) lui fait écrire "voleur" à la place de "rom"."Vous faites des erreurs de vocabulaire, Jack. Le génocide des roms, on dit "samudaripen" -la moitié d'entre eux a disparu gazée pendant la guerre- n'a pas été reconnu à Nuremberg... alors dire que "les persécutions bien réelles qu'ils ont subies ne les qualifient nullement pour enfreindre les lois de quelque pays que ce soit" est à tomber raide... De plus, ils sont expulsés -vous avez lu la circulaire- parce que roms, ce qui est exactement la définition du racisme.... [Cela, les expulsions] "se pratique partout à travers le monde -précisez-vous- de quel droit le refuse-t-on à la France?" Du droit que peut-être (?) "on" serait un peu "mieux" question droits de l'homme que des pays comme les Etats unis, la Chine ou la Corée du nord par exemple, mm ? ..."les Roms sont des citoyens européens et ne sont donc pas des étrangers..." et oui, c'est comme ça. Mais vous continuez par une interrogation douloureuse "devrait-on se refuser à punir des voleurs parce qu'ils appartiennent à une minorité jadis persécutée?" Là mon cher, vous décevez, "on pouvait dire, ô dieux, bien des choses en somme" (Cyrano de Bergerac) mais carrément le mot "voleur" qui surgit à la place de "rom", c'est un peu court !
Vous tentez ensuite une justification avec des propos indémontrables, comme toujours... vous référant in fine à "une émission de télévision" sans précision.On raye. Les statistiques ne disent rien du reste et ne peuvent rien dire. On peut tout de même observer que les roms comme les SDF sont des proies faciles pour les délinquants: leur mode d'habitat les rend vulnérables à toutes sortes de bandes qui profitent de ce qu'ils ne viendront pas porter plainte au commissariat du coin. "Les expulsions ne sont pas l'envoi dans les camps de la mort en wagons plombés", soit, mais le principe est le même: on maltraite des gens simplement parce qu'ils font parti d'un certain groupe ethnique ou culturel. Point. On leur porte préjudice seulement pour cela. Que ce préjudice soit une analyse hâtive, une baffe, un charter, des insultes ou la mort n'est alors plus qu'une question de degré, non de nature. Vous voyez la dérive? "Pourquoi les Roms quittent-ils la Roumanie et la Bulgarie?" vous demandez-vous finement ensuite. Je m'attendais à ce que vous supposiez qu'elle ne procure qu'un bien être insuffisant à ces gens un peu chochottes mais non, vous reconnaissez que les Roumains et les Bulgares les maltraitent, je n'aurai donc pas à vous apprendre que leur espérance de vie est inférieure de 13 ans dans ces pays à celle des non roms etc.. Mais vous ajoutez aussitôt : "devons-nous résoudre les problèmes que ces peuples ont créés?" "Ces peuples", je l'espère, désigne les roumains et bulgares non roms au pouvoir dans ces pays et non leurs victimes. Ma foi, je vais vous citer Monseigneur de Walhens, le philosophe qui a sauvé en 43 l’œuvre de Husserl -elle eût été pilonnée sinon par les nazis parce qu'il était juif- recteur de l'université catholique de Louvain, qui, alors que j'étais une étudiante en philo mariée à un révolutionnaire maghrébin expulsé de France et ne pouvant retourner dans son pays... de Walhens donc, comme que je le remerciais de nous avoir accueillis -il nous avait procuré immédiatement logement, bourse d'étude et le statut de réfugié politique pour H.- m'interrompit à sa manière un peu hautaine -involontaire, il avait davantage la stature d'un bûcheron flamand que d'un évêque- : "Madame, ne nous remerciez pas. C'est vous qui nous faites l'honneur de venir chez nous et non l'inverse." J'en ai eu les larmes aux yeux et je les ai encore en l'écrivant. Alors s'il vous plaît, Jack, pensez à cela comme moi chaque fois que vous voyez des étrangers en situation dramatique chez "nous" : ils nous font l'honneur de venir se réfugier en France. Soyons en dignes, bordel.
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Excellente l'idée de Gosselent de donner des subventions aux paysans qui
accepteraient de prêter leurs terres quelque temps aux gens du voyages
en général dont les roms -qui dans leur majorité n'en sont pas, sauf par
nécessité- il y a en effet beaucoup de jachères -c'est obligatoire pour
les subventions- et parfois il s'agit de prés en bord de rivière
agréables, mieux que le camp qui ici jouxte très exactement la station
d'épuration." Voilà, je peux aller dormir.
Dimanche 10 octobre
Eva a ajouté un nouveau commentaire sur le message:
Bonjour chère Hélène, ton blog est une MERVEILLE. J'y ai passé une
dizaine d'heures, après l'avoir découvert. Et j'ai fait, à ma façon
(présentation regroupée, par exemple, des thèmes) 2 posts sur mon blog à partir de cette superbe page, si bien documentée et si bien illustrée, dont je te félicite.
Naturellement, j'ai cité la source, bien visible, en espérant que
certains de mes nombreux lecteurs (bientôt 700.000 visites) viendront
s'émerveiller sur ton blog. Toutes mes félicitations pour ton travail,
je t'embrasse très fort, jolie soeur Eva."
Merci infiniment !!! Hélène8 Novembre, de Roberto Lorier:
Bonjour, un grand bravo pour votre énorme travail que je viens de finir
de lire. D’où viennent ces gens qui veulent tout, leurs grandes
décisions, leurs belles phrases ? Moi, je préfère la brindille sur le
bord du chemin, et les tresses impeccables des petites filles. La
brutalité, l’injustice, la haine, le mensonge, l’arrogance : le monde
s’en est gavé et il en veut encore. La plupart des gens ignorent tout du
ciel, et croient dur comme fer à ce qu’ils font. Ma femme, mes enfants
et moi, on n’est pas des gens. Extrait ci-dessus de « Paroles Perdues »
d’Alexandre Romanès : Il y a mille ans de cela... Une battue immense,
peut-être la plus grande jamais organisée depuis le commencement de
l'humanité, marchait dans un seul but : tuer d'autres humains ! Et il y
en aurait bien d'autres durant les siècles à venir contre les nomades.
Il envoya la mort engendrée par la guerre qui donne l'autorisation de
tuer au nom d'un idéal officialisé et où chacun se donne bonne
conscience sous couvert le plus souvent de religions qui étrangement ne
l'autorisent jamais.
Extrait ci-dessus de : "Pâni et le peuple sans frontières". Roberto
Lorier. Nous, peuple Tsigane, marchands de sourires et citoyens du
monde. Représentant officiel de la liberté. Nous resterons libres envers
et contre tous ! Je suis à votre disposition pour toutes questions ou
discussions. Amicalement, Roberto Lorier / Auteur de romans historiques
Tsigane. roman.historique.tsigane@gmail.com
13 novembre
Jonathan Duhamel, champion mondial de poker : votre blogue est touchant.
18 Février, anonyme
Merci à vous, pour ce remarquable travail, passionnant de surcroît....émouvant. Très intéressant....c'est un petit bijou. je le note sur mon marque pages.
15 mars, anonyme
Je veux un pays je souffre de voir le mal fait aux roms moi je suis roms (gitan andalou), je pense que le temps est arrivé, un signe la vérité l'amour Jésus. Cordialement
dimanche 13 juin 2010
(2) Des chiffres et un diapo sur le samudaripen
Diaporama, les roms.
Répartition des roms en Europe
Une crainte mythique: en vert, ils représentent moins de 0,5 % de la population ! - ce sont les pays où ils ont été exterminés-
Population actuelle: entre 5,8 et 13 millions, essentiellement en
Bulgarie, Roumanie, Turquie, Hongrie, Espagne, Amérique -nord et sud-.
Moyenne donc de 10 millions, assez proche de celle des juifs (13 millions).. si on ne compte pas les 100 millions d'Inde. Force est d'avouer que même sur les massacres nazis, nous ne savons pas grand chose en termes de chiffres (lien avec un récent viki) qui varient de 195 800 à un million, ce qui plus que tout pose problème (lien).
On
estime que 25 à 50 % de tous les roms européens ont été exterminés en
40, ce qui constitue un génocide comparable à la Shoah. A ceci près que
les mesures à leur encontre ont été maintenues après la guerre.
Soulignons toutefois que faire une statistique ETHNIQUE étant interdit
en France par le Ministère de l'Intérieur, ainsi que dans tous les pays
d'Europe, lorsqu'un ministre -de l’Intérieur !- assure qu'il y a dans le
pays environ 50.000 roms et 200.000 roumains (?) ça pose question : ou
il a "tourné" -on dit violé*- sa propre loi, ou il dit n'importe quoi...
ou les deux. [Son homologue hongrois, lui, avoue clairement son
ignorance.] Voir "ruminances". De fait nous verrons plus loin une carte sensiblement différente.
samedi 12 juin 2010
(2) Bronislava Wajs, des histoires romanesques à l'infini : serions-nous tous issus de roms ? Un exemple paradoxal : les Sarközy et alliés


C'est le cas de Bronislava Wajs (1908/1987) poétesse rom, qui fut bannie par les siens pour avoir "violé" le tabou de l'écriture -dit-on-: elle écrivit et publia, avec, pendant un temps, un grand succès, mais mourut isolée et à présent, est quasi inconnue. Une interrogation : quid de ce tabou de l'écrit pour un peuple apparemment (?) issu de castes qui au contraire l'érigeaient en valeur absolue ? Pourquoi une tradition strictement orale ? Même les partitions musicales, les chants... -le cas de Django Reinhardt est une exception- doivent être écrits. L'exclusion de Bronislava cache-t-elle d'autres raisons peu avouables -pour ceux qui l'exclurent-: les roms ne sont pas exempts de machisme et il est possible qu'une jeune et jolie femme qui s'installe en ville et devient célèbre n'ait pas suscité que de l'admiration chez les patriarches. Cf le livre de Colum Mc Cann, "Zoli":

Bronislava Wajs dite Papusza -poupée-,
polonaise a vécu dans une cabane abandonnée en Silésie où elle est morte
en 1986. Symbole de sa communauté, sa vie commence par un drame. Sa
famille, despotique comprenait six filles dont la vie était rude. En 43,
c'est la guerre : la garde Hlinka entraîne les Roms du village sur la
glace... qui cède. Tous se noient sauf Papusza et son grand père,
lecteur de Marx -en cachette-. Celui-ci la prendra en charge, l'enverra à
l'école malgré la tradition et elle deviendra chanteuse compositrice,
un statut privilégié parmi les Roms. Quand la guerre se termine, elle
rencontre Stephan Swann, écrivain à demi-slovaque exilé et le poète
communiste Martin Stránský qui la publie ''afin d'instruire les
ouvriers''.... ''Imaginez si nous pouvions nous élever''... Papusza,
c'est la voix de la poussière qui séduit immédiatement. Swann la quitte
-il la voit comme un animal de compagnie exotique plus que comme une
femme au talent exceptionnel.- Très vite, elle est célébrée dans toute
la République slovaque, ses poèmes, récités à la radio. Les Roms sont
surpris de la ferveur des gadjés.
Mais le pouvoir communiste veut faire d'elle une icône, un modèle d'assimilation et l'utilise malgré elle : les réticences des roms à être ''libérés de leur primitivisme'', à s'installer dans des préfabriqués, à voir leurs chevaux pris pour les coopératives et leurs voitures brûlées sont vives. "Une fois qu'ils vous ferment la lune, ils (les "gadjés") sont toujours après vous pour que vous leur en soyez reconnaissants'' dit Bronislava dans une lettre à sa fille. C'est alors qu'elle est rejetée par les siens pour "trahison". Elle jure qu'elle n'écrira plus jamais, qu'elle va brûler tous ses poèmes, détruire les enregistrements de ses chansons et disparait dans les bois. "Avec des larmes et du sucre, ils nous font avaler tous les mensonges et génèrent du désordre sous couvert de sympathie''... "sous le rire, la souffrance couve, à l'intérieur de nos veines.'' "Zoli", une histoire de persécution, de fatum dont aucun rom ne peut tout à fait se libérer (traduite du tchèque et reprise par l'écrivain irlandais.)
La famille Sarkozy à présent, un archétype (lien.)